Eurodram à Sofia 2015

Foto: Bochert

par Henning Bochert, traduit d’Allemand par Wolfgang Barth (merci beaucoup, Wolfgang et Gilles!)

Le vol m’amena du printemps hésitant de Berlin à la chaleur nette de la capitale bulgare, Sofia. Je ne connaissais pas la ville avant et j’ai été agréablement surpris par l’absence quasiment totale de touristes et par le mélange des petites boutiques prospères, du bon café, des repas soignés, des trottoirs qui auraient besoin d’une restauration, des trams sur rails et finalement du métro flambant neuf menant à l’aéroport, non moins rutilant.

Le soutien financier avait été trop minime pour payer le voyage en avion de beaucoup de coordinateurs et de membres des comités. Nombre de visages et de voix faisaient donc défaut dans la discussion. Aux côtés du fondateur et coordinateur général d’EURODRAM, Dominique Dolmieu, les membres des comités allemand (Ulrike Syha) et français (Gilles Boulan) étaient les plus nombreux. Il y avait aussi Andreas Flourakis (comité grec), Hakan Silahsizoglu (comité turc), Bleuenn Isambard (comité russe), Neda Nezhdana (comité ukrainien) et Karine Samardžija (comité regroupant la Serbie, la Croatie, la Bosnie et Monténégro). C’est Gergana Dimitrova du comité bulgare (forte présence) qui avait lancé l’invitation. Étaient aussi présents les invités de la compagnie théâtrale de Gergana, 36MONKEYS et, par Skype, Beatriz du comité espagnol et le comité portugais.

Malheureusement, j’avais manqué le débat de la première journée concernant le travail de chaque comité depuis la conférence de l’année précédente ainsi que le discours d’accueil par le célèbre auteur bulgare Hristo Boychev. La deuxième journée était consacrée à la présentation plus détaillée des sélections 2015 des pièces de théâtre par les comités. À vrai dire, c’est ce procédé qui a attiré mon attention vers les sélections des autres comités, les justifiant de cette manière, la lecture des titres des pièces lauréates sur les pages Internet d’ Eurodram (sildav.org) ne suffisant naturellement pas pour atteindre l’objectif : réveiller la curiosité publique pour l’art dramatique internationale. J’ai noté quelques titres d’une consonance personnellement fascinante comme, par exemple, la pièce de Robin Soans de la sélection grecque, la pièce française PENSE QUE TU ES DIEU de Matthieu Viscniec mais aussi MARILYN MONROE: TRIOMPHE ET AGONIE de l’auteur bulgare Dimitar Hristov (toutes les deux de la sélection ukrainienne). Pour le comité allemand, nous avons de nouveau expliqué les mérites que nous avons pu reconnaître aux pièces de Massini, Sikorska-Miszczuk, et Tryti Vennerød.

Entre les débats, on a profité du temps libre pour mieux connaître les petits restaurants des arrière-cours et pour prolonger la discussion. Des promenades en ville nous ont donné une idée de notre environnement. Ici les postes de garde dans leurs uniformes pittoresques devant le palais présidentiel. Et là, juste derrière, nous tombons sur l’église chrétienne St.-Georgi (4e siècle), la plus grande synagogue de Bulgarie, une merveilleuse église orthodoxe et, finalement, l’architecture étrangement farfelue de tunnel de béton du centre ville.

Tour suivant: nous constatons que les comités sont différemment fortes en membres et, par là, en efficacité. Il y en a avec beaucoup de membres comme, par exemple, le comité français. D’autres comités regroupent des membres plutôt passifs (le comité russe). Encore d’autres : peu de membres et pas de coordinateur (le comité hébreu ; le comité des langues nordiques, qui, par ailleurs, devrait être divisé en « langues baltiques » et « langues slaves »). Et les comités avec très peu de membres : le comité serbo-croate-bosniaque-monténégrin, le comité néerlandais, le comité arménien, le comité roumain. Si cela vous intéresse et si vous vous en sentez capable, n’hésitez pas à vous engager (ceci est un appel) !

Que faire, quelles mesures prendre pour rendre la sélection 2015 plus visible au public, pour diffuser les pièces, pour faire de la publicité ? Nous nous sommes mis d’accord sur l’évidence qu’EURODRAM nécessite une page Internet mieux adaptée et nous en avons discuté les aspects techniques. Les comités respectifs devraient créer dès maintenant des pages Internet pour que leur travail ne se pulvérise pas dans le vide, mais pour qu’on puisse trouver des indications concernant le contenu, la langue, le style des pièces, des informations sur les auteurs, les traducteurs, et, le cas échéant, les éditeurs. Si les auteurs et les traducteurs sont d’accord et s’il n’y pas de droits à respecter, on peut même proposer le téléchargement les textes.

Dans une ancienne discothèque désaffectée sous le NDK, le palais culturel national, nous avons assisté à une lecture publique par le groupe 36monkeys. On a vu la piéce Mihaela, La tigresse dans notre ville de l’auteure de théâtre roumaine Gianina Cărbunariu (disponible en allemand par Luisa Brandsdörfer), lecture vivante profitant des changements de lieu dans la salle vaste. Les « Monkeys“ projetaient le texte directement sur le mur derrière le public. Ainsi les acteurs étaient libres de jouer face aux spectateurs.

On a gardé le sujet le plus compliqué pour la fin: les possibilités de financement, le « Fundraising“. Urgence d’une demande de fonds auprès de l’Union Européenne pour la mobilité, des séminaires, les traductions. Nous avons décidé de payer une personne expérimentée pour faire ce travail. Financement par voie privée ou par d’autres moyens. Pour trouver des solutions dans ce domaine, nous avons nommé un sous-comité chargé de faire progresser l’affaire.

La rencontre de l’année prochaine doit avoir lieu à Istanbul. Le comité portugais s’est porté candidat pour organiser la réunion 2017 à Lisbonne.

Nous remercions, avant tout, les hôtes bulgares de l’organisation de l’ensemble des évènements : Gergana Dimitrova, Adi Kuneva, Katrin Hrusanova et Dimitar.

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